Décryptage éclairé et éclairant de la déconstruction de notre rapport au réel sur laquelle prospère le wokisme et de l'émergence, dans notre société, de l'individu et ses ressentis comme l'exclusive mesure de toute chose.
Et l'on voudrait paradoxalement que ce soit sur ce principe clivant, qui est l'un des fondements du relativisme moral, que se construise un monde plus uni…
Loin du resserrement des liens sociaux promis par cette vision du monde, c'est à une pulvérisation en règle de l'idée de collectivité qu'on assiste : le fameux « vivre ensemble », noble mantra s'il en est, partout radieusement proclamé et d'où viendrait notre salut, se résume en fait à une somme d'intérêts individuels éclatés qui tentent de s'imposer souvent à coups d'invectives ou de sermons, parfois les deux ensemble, selon l'urgence du sujet ou le rapport de force.
Tous les adeptes de ce nouvel ordre moral (doctorants en sciences sociales des universités occidentales en tête, comme nous le rappelle Eugénie Bastié) n'ont qu'à bien se tenir : la résistance face à l'effondrement de la rationalité moderne héritée des Lumières s'organise avec méthode et détermination.
Les chroniques publiées dans Le Figaro et rassemblées dans cet ouvrage en témoignent. Dans ce naufrage de la pensée qui signe notre postmodernité, elles apparaissent comme autant de petites bouées salutaires.
Pour tenter de concilier — éternel combat — liberté individuelle et intérêts collectifs, c'est la raison qu'il faut appeler à la rescousse, et non la vertu.
La raison est toujours vecteur d'unité. La vertu, jamais.